Les membres du LEST réunis mardi 22 juin en assemblée générale ont décidé de la poursuite de la mobilisation. Le LEST partage avec vous le texte exposant les motifs de cette résolution.
Le LEST est toujours mobilisé
Même si elle se fait plus discrète et prend des formes différentes, la mobilisation contre les attaques que subit la communauté des personnels de l'ESR persiste au sein du LEST, laboratoire toujours mobilisé. Réuni en assemblée générale plénière le 22 juin 2021, ses membres réaffirment leur engagement :
- CONTRE la façon scandaleuse dont la communauté des personnels de l'ESR est traitée par sa propre ministre (en l'occurrence qualifiée d'"islamo-gauchiste"). Ils soutiennent en ce sens la démarche des collègues enseignant·es-chercheur·es qui ont déposé devant le Conseil d'État un recours contre Frédérique Vidal pour "abus de pouvoir" (https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/06/10/islamo-gauchisme-a-l-universite-la-ministre-frederique-vidal-accusee-d-abus-de-pouvoir-devant-le-conseil-d-etat_6083618_3224.html)
- CONTRE les décrets d'application de la LPR (et notamment ceux qui organisent la mise en place des "chaires de professeur· junior", dispositif qui permettra de contourner le CNU pour les recrutements de PU - et sans doute un jour de MCF - et que les syndicats CGT-CFDT-Snesup-Sud appellent à boycotter https://cgt.fercsup.net/les-dossiers/les-instances/le-ct-ministeriel/article/declaration-intersyndicale-non-aux-chaires-de-professeur-junior-boycott-du-ct). Ces décrets aggravent encore un peu plus cette loi, déjà qualifiée de "choix du pire, et pire encore" (https://academia.hypotheses.org/28130). Entre autres "innovations", la LPR entérine notamment la mise à mort du statut de fonctionnaire chez les enseignant·es-chercheur·es, accentuant donc la précarité déjà insupportable subie par les docteur·es sans poste. La LPR consacre par ailleurs le principe du financement de la recherche sur appel à projets (pilotée notamment par l'ANR) dans le cadre d'un modèle différencialiste qui privilégie la mise en compétition, que des collègues qualifient à juste titre de "gouvernement par les inégalités" https://afs-socio.fr/gouverner-par-les-inegalites/)
- CONTRE la dérive bureaucratique et autoritaire très inquiétante prise par les institutions qui gouvernent l'ESR, au premier rang desquelles le CNRS (où le travail des sections des disciplines est de plus en plus souvent remis en cause ces dernières années), mais aussi l'HCERES (à laquelle la Cour des comptes a récemment recommandé de "facturer systématiquement" aux Universités les très nombreux rapports produits et dont les recommandations sont peu suivies https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/06/04/la-cour-des-comptes-epingle-le-haut-conseil-de-l-evaluation-de-la-recherche-et-de-l-enseignement-superieur_6082903_3224.html)
Le LEST est toujours mobilisé POUR la défense d'un service public de l'enseignement supérieur gratuit et ouvert à toutes et tous, tourné prioritairement vers la transmission de savoirs académiques et de méthodes de questionnement sur le monde, nécessaires à la construction d'esprits critiques et à la vie démocratique. Nous défendons également une recherche publique de qualité, produite sur le temps long, évaluée par des pairs indépendant·es. Ces principes de fonctionnement permettent à chacun·e de développer librement ses travaux en fonction de l'avancée des questionnements scientifiques (en lien ou non avec l'agenda politico-médiatique), sans être obligé·e de se transformer systématiquement en entrepreneur·e de soi, et dans un dialogue constructif et bienveillant avec la communauté scientifique.