Le Céreq publie un nouveau Céreq Bref (n°483, 2026) consacré à un phénomène largement méconnu : le travail rémunéré exercé par des lycéen·nes en parallèle de leur scolarité. Intitulée Le travail invisible des lycéen·nes. Ces élèves qui cumulent études et activités rémunérées, cette étude s’appuie sur les premiers résultats d’une enquête nationale conduite dans le cadre du projet de recherche « Travail des lycéen·nes et trajectoires scolaires », mené par une équipe de recherche du LEST. Elle illustre l’implication du laboratoire dans l’analyse des transformations contemporaines du travail et des parcours de formation.
Un phénomène loin d’être marginal
L’enquête révèle que le travail lycéen est une réalité largement répandue. Près d’un quart des élèves déclarent exercer une activité rémunérée au cours de l’année scolaire, proportion qui atteint près d’un tiers dans la voie professionnelle.
Ces activités recouvrent des situations très diverses : restauration, livraison, revente en ligne, emplois familiaux ou encore petits boulots plus informels. Cette diversité témoigne d’une véritable « mosaïque sociale et économique » du travail lycéen.
Une réalité encore largement invisible
Malgré son ampleur, ce cumul entre études et emploi reste peu identifié par la communauté éducative. L’étude souligne que ce travail n’apparaît souvent qu’indirectement, lorsque ses effets deviennent visibles : fatigue, absentéisme ou baisse des résultats scolaires.
Ce décalage entre réalité vécue par les élèves et perception institutionnelle contribue à maintenir ce phénomène dans une relative invisibilité, d’où le titre de la publication.
Des logiques sociales contrastées
Le travail lycéen ne répond pas à une logique unique. Pour certain·es élèves, il s’inscrit dans une recherche d’autonomie financière ou d’expérience professionnelle. Pour d’autres, il relève davantage d’une nécessité économique liée au contexte familial.
Les conditions d’exercice – intensité du travail, statut formel ou informel, articulation avec les exigences scolaires – jouent un rôle déterminant dans les effets observés sur les trajectoires.
Quels effets sur les parcours scolaires ?
L’étude invite à dépasser les visions simplistes. Le travail rémunéré peut, selon les cas, fragiliser les parcours scolaires ou au contraire renforcer certaines formes d’engagement et de motivation.
Toutefois, les premiers résultats soulignent que les conditions les plus contraignantes de cumul études-emploi peuvent accentuer les inégalités scolaires, en particulier pour les élèves les plus exposés socialement.
Un enjeu pour la recherche et les politiques éducatives
En mettant en lumière cette réalité encore peu documentée, l’équipe « Travail des lycéen·ne·s et trajectoires scolaires » (TDL) du LEST, composée de Thierry Berthet, Léa Guichard, Marie-Laure Harmand, Véronique Simon et Juliette Vollet, contribue à mieux comprendre les articulations entre expériences de travail et parcours scolaires, ainsi que leurs effets sur les inégalités.
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https://smartlink.ausha.co/enbref/quand-les-lyceens-travaillent-en-parallele-de-leur-scolarite
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