L’expérience comme ressource alternative pour des femmes des classes populaires ?

Article Lundi 27 décembre 2021

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Dans Actes de la recherche en sciences sociales
Édition Éditions du Seuil

L’expérience de travail offre-t-elle des ressources compensatoires d’un défaut en divers états ou formes de capital culturel ? Une enquête ethnographique menée autour du dispositif de validation des acquis de l’expérience (VAE) pour le diplôme d’aide-soignante permet d’aborder cette question pour les femmes des classes populaires qui aspirent à une petite mobilité après avoir travaillé auprès de malades ou de personnes âgées, en institution ou à domicile, sur des emplois pour lesquels elles ont été recrutées sans autre exigence que leurs dispositions genrées à s’occuper d’autrui. L’étude de leurs parcours montre que la VAE constitue une aubaine pour contourner les difficultés de la formation mais nombre de candidates restent à l’écart de la réussite ou n’y accèdent qu’après des tentatives répétées. La forme et le contenu des épreuves, dont les références scolaires ne sont pas absentes, semblent pénaliser les candidates les plus éloignées de l’école : l’expérience est difficilement mobilisable sans des ressources culturelles et sociales, liées au parcours singulier ou alimentées par l’établissement. Les épreuves révèlent aussi la fragilité de l’expérience de travail même : les conditions de travail et les rapports de force au travail, dans les emplois subalternes, ne font pas toujours de cette expérience une occasion d’accumuler les compétences attendues pour espérer une petite mobilité.

DOI : 10.3917/arss.240.0030

  • Article dans une revue
    Anne-Marie Arborio. L’expérience comme ressource alternative pour des femmes des classes populaires ? Passer le diplôme d’Etat d’aide-soignante par VAE. Actes de la Recherche en Sciences Sociales, Editions du Seuil, 2021, Les structures du travail, 5 (240), pp.30-47. ⟨10.3917/arss.240.0030⟩
    27 décembre 2021 - [halshs-03503594]

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