Coopératives et biens communs

Séminaire Général / Séminaire Permanent Territoires & Communs

Lundi 12 décembre 2016
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LEST, Salle 1

Le degré variable de constitution d’un « Commun » par l’entreprises : les Scop comme terrain d’observation privilégié

Hervé Charmettant, CREG - Grenoble

L’approche des « communs » est elle susceptible d’enrichir les débats actuels sur l’entreprise et les réformes nécessaires face au constat de sa « grande déformation » (Favereau, 2015) ? A partir d’études de terrain consacrées aux Scop comme forme alternative d’entreprise, nous explorons les directions de ces réformes dans le sens de donner corps à cette « entreprise commune » (Dardot et Laval, 2015). D’abord, nous montrons comment l’entreprise entendue, d’une part dans le sens d’organisation productive résultant de la mise en commun de ressources et d’autre part, d’institution sociale réunissant des hommes formant une communauté, est un « Commun » en puissance. Puis, nous reprenons, à propos des Scop, la caractérisation du « Commun » telle qu’on la retrouve dans les travaux de l’école de Bloomington. Le régime de propriété qui ressort des dispositions statutaires des Scop va dans le sens d’en faire une propriété commune, apte à sa pérennité et son développement. Enfin, nous nous efforçons de bâtir une échelle de mesure du degré de « Commun », applicable d’abord aux Scop dans leur diversité, et de façon plus générale à l’ensemble des entreprises.

Discutant : Bernard Paranque, Kedge Business School - LEST

La Manufacture coopérative, L’esprit coopératif, un commun immatériel au service de l’action collective : le cas d’une CAE

Pascal Grouiez UMR Paris-Diderot - UMR Ladyss 

Nous nous proposons de faire entrer la relation supposée causale chez Ostrom entre l’action collective et le commun dans une boucle rétroactive. Si chez Ostrom l’action collective est à l’origine de la gouvernance effective du commun, ce résultat est essentiellement dû au fait qu’Ostrom a travaillé sur des communs matériels (Common Pool Resources). Notre objectif est de comprendre la manière dont le commun immatériel, en tant qu’institution, est en mesure de soutenir « une forme d’action collective : le projet de coopérative d’activités et d’emploi » (CAE). Notre clé de lecture est que pour porter ce projet (politique/utopique/collectif) d’entreprise partagée la CAE se doit de « produire » un ensemble de règles et de pratiques, que nous proposons de qualifier en termes de « communs de la coopération ». Ces communs agissent au service d’une action collective à l’origine de la gouvernance d’un autre commun immatériel : le projet collectif/politique des membres d’une CAE.

Discutant : Francesca Petrella, LEST - AMU
 

Discussion

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